Renaud de Chaumaray, Quitter la vallée

 Il s'en passe des choses au coeur du Périgord noir ! Nous suivons les dramatiques situations d'une mère et son jeune fils réfugiés dans une maisonnette dans la forêt, de Joanna et de son père Fabien à la recherche de peintures rupestres, et de Guilhem qui fait le guide pour Marion le temps d'un flirt de quelques jours entre collines et rivières.

Les trois récits sont indépendants l'un de l'autre, aussi bien dans l'espace que dans le temps. Pourtant, plus l'on avance dans la tension du dénouement des trois drames, il apparaît que tout ceci pourrait bien être lié.

Un roman court et imagé, qui parle d'un terroir préservé par les secrets enfouis dans les forêts sombres.

Dans la grotte : 

"Cette roche est un cimetière, il le sait. Le calcaire n'est rien d'autre qu'un amoncellement de défunts, de mollusques et de coquillages pétrifiés il y a des millions d'années. C'est la ronde du temps qui n'en finit jamais, le mâchage permanent des vivants."

En cueillant des mûres : 

"Il lui tend quelques fruits qu'elle renifle et avale avec gourmandise. Du pouce, il essuie les taches violettes qui colorent le coin de la bouche de la jeune femme et celle-ci se saisit de son doigt pour le sucer. Il chavire et, aussitôt, il est pris d'une profonde mélancolie. Ces moments constituent des excroissances improbables dans son existence. Des anomalies. Un peu comme ces fruits savoureux nichés au coeur des ronces. Il avale une mûre qu'il s'était gardée et entrevoit les épines, les feuilles sèches, tout ce qui l'attend après".


Renaud de Chaumaray, Quitter la vallée, Gallimard, 2025

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