Nouvelle tentative, nouvelle déception : j'ai persévéré avec la littérateur japonaise, et encore une fois, j'ai abandonné. Et c'est souvent pareil pour les films. En fait je m'ennuie...
Pour moi, les mots qui qualifient le mieux cette façon si japonaise de créer sont sensibilité, discrétion, pudeur, lenteur, introspection, hésitation... Tout l'inverse des grosses ficelles superficielles et trépidantes de la culture anglo-saxonne... Peut-être mon esprit est-il trop formaté, indisponible.
J'ai lu les trois quarts de ce livre écrit directement en français et j'ai dû renoncer à bout de patience : j'ai attendu qu'il se passe quelque chose, en vain.
Une fois le tableau posé autour d'un trio à la Jules et Jim dans la guerre de 1944 au Japon, j'ai regretté toutes les occasions manquées à partir du récit de la blessure de Ren. J'ai pensé au film traumatisant "Johnny got his gun" dans lequel un militaire idéaliste engagé volontaire dans la guerre de 1914 survit bien qu'il ait perdu ses quatre membres et soit aveugle et muet. Si le livre était parti sur ce sujet, je l'aurai lu comme par devoir d'empathie.
Nous partons dans de plates digressions artistiques sur la peinture et la musiques européennes, alors que j''aurais aimé lire comment on en vient à peindre avec la bouche ? Ou comment Yuki finit par tomber dans les bras de Bin ? Ou comment Aye reproduit le schéma de la rencontre de ses parents ?
Mais à force de rester dans la retenue et l'évocation, on finit par diluer l'essentiel. Bref, j'ai refermé ce livre sur une lecture inachevée.
Akira Mizubayashi, La forêt de flammes et d'ombres, Gallimard, 2025
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