Gaël Faye, Jacaranda

Lire Gaël Faye, après son premier roman autobiographique "Petit Pays", c'est ouvrir le livre de la douleur infinie des survivants du dernier génocide de l'époque contemporaine.

Avec douceur, mais sans artifices ni non-dits, l'auteur évoque l'histoire de son pays le Rwanda à travers les portraits de Rosalie, d'Eusébie, de Stella et de Claude qui ont été touchés dans leur chair et on beaucoup perdu. S'ils sont tous du côtés des victimes tutsies, on comprend également, à travers le personnage de Sartre, que les génocideurs hutus font toujours partie de la société rwandaise d'aujourd'hui. La réconciliation nationale, grand mouvement de reconstruction sociale ayant suivi les procès populaires, est à l'oeuvre. Rien ne peut être oublié, mais il faut bien continuer à vivre.

À Alfred, soldat des FPR, il dit :

"- Pourquoi me dis-tu tout cela alors qu'on ne se connaît pas ?
- Parce que je repars demain pour le front. Il est possible que cette fois la mort m'accepte. Alors je serai un simple souvenir pour toi. [...] Cette pensée me rassure. Je ne crains plus rien, sauf peut-être de ne plus être aimé."

En compagnie de Claude, Sartre et de la communauté des anciens orphelins :

"Ce soir-là, c'était encore la bacchanale au Palais. 

- On célèbre quoi au juste ?

- Rien ! On fait des stocks de fêtes, au cas où. On rafistole nos foutues jeunesses gaspillées !"


Gaël Faye, Jacaranda, Bernard Grasset, 2024





 


Commentaires