Je viens de terminer ce livre et il me faut un peu de temps pour me reconcentrer sur ce que je vais en dire ici.
Je suis très émue par ce livre : la poésie qui en émane m'a touchée au cœur. Sa sensibilité et son lyrisme émerveillent, dans une langue simple mais riche et parfois enfantine. Mais c'est surtout l'enchainement des faits, lieux, personnages, époques qui intrigue, puis captive. L'ingéniosité de la construction narrative dépasse tout ce que j'ai jamais lu. C'est un peu compliqué à suivre pendant le premier tiers des 700 pages.
Ce roman est un hommage à l'écriture de fiction, à travers une fable universelle. Tous les personnages de ce roman en contact à un moment ou à un autre de leur vie avec le la fable de Diogène, quelque soit le continent ou l'époque, en sont changés.
Pour comprendre ce livre, il faut suivre le fil rouge de la fable d'Antoine Diogène, écrit au début du premier millénaire, qui raconte l'histoire du berger Aethon, lequel part un jour chercher ailleurs une vie meilleure et expérimente des aventures extraordinaires. Cet objet-livre subit des péripéties qui manquent de le faire disparaître et qui, grâce à Anna et Omeir à Constantinople vers 1400, survit jusqu'à ce que des traducteurs du grec ancien, vers 2019 le redécouvrent, puis que Zéno le traduise. Parmi les enfants qui en joueront une adaptation théâtrale, perturbée par Seymour, c'est Rachel qui permettra que ce livre, détruit puis recopié par Konstance, perdure jusqu'en 2146.
Ce roman confirme qu'Anthony Doerr est un immense auteur qui a obtenu le prix Pulitzer pour son précédent ouvrage qu'il faut que je relise un jour : "Toute la lumière que nous ne pouvons voir".
Extraits
"Mais les livres meurent, de la même manière que les humains. Ils succombent aux incendies ou aux inondations, à la morsure des vers ou aux caprices des tyrans. Si personne ne se soucie de les conserver, ils disparaissent de ce monde. Et quand un livre disparaît, la mémoire connaît une seconde mort".
"Mais aujourd'hui, les rares personnes capables de comprendre ce vieux texte ont l'occasion d'insuffler une nouvelle vie à ces super-héros, afin qu'ils aient une chance de se battre encore pendant quelques décennies. La disparition nous traque sans cesse, vous savez ? Se dire qu'on tient entre nos mains quelque chose qui y échappe depuis si longtemps...".
Anthony Doerr, La Cité des nuages et des oiseaux, Editions Albin Michel, 2022
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