Oui, je l'avoue, je suis curieuse de lire un auteur qui vient de raffler trois prix : Fémina, Goncourt des Lycéens et Renaudot des Lycéens... Mais je ne suis pas prête pour autant à dépenser 20 € pour lire un livre, alors j'attends qu'il soit vendu 5 € d'occasion ou que je puisse le trouver en bibliothèque.
Et en attendant, cherchant à lire autre chose dudit auteur, j'ai trouvé à la bibliothèque son livre "Le ciel par-dessus le toit", paru en 2019.
D'abord, ce point de détail que je profite de développer car je n'ai pas grand chose d'autre à dire de ce livre : j'ai vraiment horreur quand, dans une fiction, on écrit N. à la place du nom d'une ville. Pourquoi faire croire que la ville de N. (sa municipalité) aurait requis l'anonymat, ou que le risque de plaintes contre l'auteur est trop grand ? Ici, rien de tout cela puisqu'il ne passe finalement rien qui permette d'identifier N : des habitants, une prison. C'est tout.
Alors, ce procédé est utilisé car l'auteur à la flemme de rendre crédible une action dans un lieu existant avec toute la somme de documentation que cela nécessite de réunir (nom de rues, climat, population, animations, etc.) ? Ou alors, c'est un manque d'imagination ? Pourtant, quoi de plus facile que d'inventer une ville imaginaire qui cocherait toutes les cases pour y planter le décor de l'action ?
Même les articles des journaux n'utilisent plus ce procédé quand est citée une personne qui n'a pas autorisé la diffusion de son nom : la jolie formule entre parenthèse est placée après le premier prénom : les prénoms ont été changés.
J'ai lu en diagonale un roman impressionniste où encore, on me demande de deviner, de ne pas oublier parce qu'on va y revenir, de comprendre malgré le prénom d'un personnage majeur qui change en cours de route... Vraiment, le thème n'a pas mérité que je me donne tant de peine.
Sans parler de l'incendie ou du complice de l'incendie... Mais tout ça ce sont des détails, pas d'enquête, pas de coupable, c'est juste facile à faire et oublié ... alors à quoi sert ce paragraphe ?
Sur le fond, je devrais vraiment croire que ce personnage principal vit une vraie vie, crédible ? Ses enfants, certes oui, malheureusement, mais leur mère ? Une ratée violente qui devient l'improbable propriétaire d'une maison dont peut faire le tour en courant son footing ...
Elle m'a fait penser au capitaine Marlaud qu'on aurait affublée d'une jolie gueule. Non je n'y crois pas du tout à ce contexte familial. Cliché + cliché + cliché = un livre de débutant. Mais Gallimard, excusez-moi du peu !
Bref, j'ai l'impression d'avoir perdu mon temps, mais puisque j'ai tout de même trouvé des choses à dire, sans doute que non ?
Nathacha Appanah, Le ciel par-dessus le toit, Gallimard, 2019
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